ANAK Tnk

4 septembre 2022

La situation aujourd’hui dans les rues et les bidonvilles fait état d’une pauvreté massive, c’est clairement une question de survie pour de nombreuses familles. La pandémie et le confinement si long ont un effet dévastateur sur l’emploi. La prostitution est omniprésente, notamment dans la zone portuaire de Manille, d’une ampleur jamais vue depuis 25 ans. Comme nous nous y attendions, nos éducateurs de rue rencontrent plus d’enfants abandonnés. Avec l’aide de tous, nous espérons ouvrir en 2022 de nouveaux foyers pour faire face à cette urgence sans pareille. Du fond du cœur, Merci.

Gloria Recio – directrice adjointe de la fondation à Manille

Pour ceux qui ne le connaissent pas, l’Abbé Matthieu Dauchez est prêtre à Manille, directeur de la fondation Anak-T

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Article Aleteia - 13-10-2022

Mesurer nos réussites

Lors de témoignages, une question nous est souvent posée : « Combien d’enfants sauvez-vous de la rue ? » En d’autres termes, il s’agit de mesurer l’efficacité du travail d’Anak-TnK.
Bien sûr, nous pourrions donner la quantité d’admis aux examens en fin d’année scolaire ou bien le pourcentage de ceux qui ont réussi à se stabiliser dans nos maisons.
Mais cela ne représenterait aucunement le travail réel effectué. Pour toucher du doigt la réalité de ce que fait ANAK-TnK, il faut bien comprendre qui sont ces enfants.

Oui, ce sont des enfants ! Mais des enfants des rues : là réside toute la différence !
Tous ceux que nous accueillons se sont retrouvés seuls, sans adultes pour veiller sur eux, abandonnés, ou ont fui leur famille pour des raisons graves. De surcroît, la majorité a vécu des choses terribles : ignorés, battus par leurs parents, abusés dans leur intimité ou encore utilisés comme de simples objets. Imaginez le pire des sévices, l’enfer de la rue est plus horrible encore.

Au-delà de leur corps blessé, c’est leur coeur qui souffre. Ils ont été rejetés, abîmés, utilisés. La possibilité d’aimer, d’être aimé leur a été retirée : leur coeur s’éteint, la vie s’arrête.
Voilà le plus grand défi du personnel de la fondation : aimer l’enfant qui est là devant eux, avec la plus grande délicatesse, prendre soin de son coeur pour raviver cette flamme de vie qui vacille.

Panser ces coeurs meurtris prend parfois des années et souvent des fragilités demeurent, une parole, un contexte peut remémorer les souffrances et tout ce qui a été rebâti peut s’écrouler à nouveau. Parfois l’enfant retourne même dans la rue. Malgré cela, beucoup emportent en eux ces moments de chaleur vécus avec ANAK-TnK et savent que les portes de la fondation leur seront toujours ouvertes.

Comment chiffrer l’amour donné, mettre un pourcentage sur l’écoute, l’accueil, l’attention...? Comment chiffrer la réussite d’une vie de famille ?
J’aime à penser que Mère Teresa avait raison : « La mesure d’aimer c’est d’aimer sans mesure. »
Peut-être devrions-nous juste compter les sourires retrouvés.

William Desvallon
vice-président ANAK-TnK France

 

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus :

« Pourquoi Dieu permet-il cela ? Les enfants des rues face à la question du mal » est le titre du nouveau livre écrit par le Père Matthieu Dauchez et paru aux éditions Artège. Et s’il n’y avait pas de réponse ? Et si la réponse était plutôt : comment moi je réponds à ce scandale du Mal ? Sur le plateau d’Un Coeur qui écoute, le prêtre français, incardiné dans le diocèse de Manille (Philippines) depuis 1998, nous partage son sentiment sur ce scandale du mal dont il voit les horreurs depuis son engagement dans Anak-Tnk, l’association qu’il dirige et dont les 120 personnes, salariés et bénévoles, s’occupent des enfants des rues. Il nous raconte aussi comment et pour quoi il a quitté la région parisienne afin de donner sa vie à Dieu sur la terre tourmentée des Philippines.
Un Coeur qui écoute du 23/11/2018.